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Une envie soudaine d'écrire...

Cela fait si longtemps... Si longtemps que je n'étais pas revenue ici. Ce jardin secret que j'ai quitté brusquement. Que j'ai abandonné pendant une période ainsi que tout le reste. Les mots sont chargés de souvenirs, les dernières notes me laissent un goût amer dans la bouche. Et je suis là, toujours malgré toutes les blessures et les fêlures, les lames de rasoirs et l'alcool, les médicaments et les cauchemars. Le passé que je n'ai toujours pas réussi à enfouir loin, très loin. Au moins pour ne plus avoir les larmes aux yeux lorsque je me réveille, pour ne plus crier au secours pendant mon sommeil, pour ne plus me remémorer ces scènes encore et encore. Et tout est si loin pourtant. Le temps a filé. Des choses nouvelles. Des étoiles dans mon ciel comme un espoir auquel je me raccroche avec une force dont je ne me serais jamais crue capable. Je n'ai rien oublié. Mais j'avance. A pas timides, certes. Parfois une vague m'entraine au large mais je garde le cap. J'ai peur. Mais je ne renoncerais plus. Je ne veux plus mourir. Aujourd'hui, je peux le dire avec certitude. Je peux le dire parce que je le pense réellement et non plus pour ne pas inquiéter les autres. Tout n'est pas réglé et je ne sais pas si j'arriverai à avoir un jour un rapport sain à mon corps, à la nourriture. Je ne sais pas si j'arriverai à faire confiance. Aux autres. Car j'ai encore trop peur de souffrir. Mais quand je regarde les années passées, quand je tourne la tête pour voir le chemin parcouru, je crois que je commence à voir de la lumière. C'est fragile comme les ailes d'un papillon, c'est frêle et vacillant mais c'est bien là.
28.6.10 02:54


Je laisse hurler la musique. A fond. Pour couvrir les cris. Pour qu'ils n'entendent plus les vomissements après chaque repas. Ni les sanglots. Les semaines se ressemblent. Toutes.
J'apprivoise la solitude. Je n'appelle plus au secours. Mes parents pensent que je vais de mieux en mieux. Tout le monde. Ou presque. Je ne les détrompe plus.
Je ne sais même plus écrire. Plus quoi dire. Non, il n'y a plus rien.
Les idées m'échappent à peine arrivées.
Il faudrait que je me calme. Il faudrait que j'arrête. Je ne sais plus comment. Je ne sais plus réfléchir.
Les cauchemars viennent toujours perturber mes nuits. Toujours trop courtes. La semaine s'écoule péniblement. Le vendredi, je suis épuisée. Je dors des heures et des heures sans parvenir à récupérer.
Je rêve de ma mort aussi. J'essaye de tenir mais peu de choses me donnent envie. Juste de ne pas faire de mal à mes proches.
Crises. En permanence. Me semble-t-il.
Mon ventre est trop rond. J'ai envie de ne plus rien avaler. Jusqu'à en mourir.

8.10.06 21:52


Elle est là, face à moi. Et elle veut me parler. Les paroles sortent de sa bouche naturellement. Tout un flot. Et chaque mot est comme un petit coup de poignard. Ils me broient, ils me vident, ils me font sombrer. Ils s'attaquent à ma carapace. Méthodiquement. Brisent mes défenses.
Ce sont des coups partout dans le corps, dans la tête. qui résonnent. Je suis sonnée comme un boxeur après un combat. Les larmes dévalent mes joues. C'est à celle qui sera la plus rapide. Des centainez de larmes. Je crois bien.
Toutes celles qui ne sortaient plus depuis des mois. qui restaient bloquées, enfouies, profondément.
Je suis en situation de non-assistance à personne en danger alors soit je préviens vos parents soit j'appelle les services sociaux.
Et une soirée tout est bouclé. Pour elle, madame la directrice adjointe, c'est facile; Il faut simplement que je porte plainte.
Alors demain, j'appelle la brigade des mineurs. Demain, je prends rendez-vous.
Et je suis morte de peur. Et je ne sais pas. Je ne suis pas prête; Malgré les neuf ans qui sont passés depuis.

Je suis terrifiée.

Et si ils ne me croyaient pas ? Et si je m'embrouillais, que je ne me rappellais plus de certaines choses ? Et si... Et si ?

Alors maintenant je suis coincée.
Soit j'affronte, soit je saute sous un train.

Envie de hurler.
A m'en briser la voix.

 

27.9.06 19:41


 



Début de l'année de terminale, reprise des cours il y a deux semaines et déja épuisée. Plus de temps pour écrire. Ni pour jouer du piano. Ni pour lire des livres autres que ceux au programme.
En trouver cependant pour les crises.
Lassitude.
Je m'en veux, je m'en veux, je m'en veux. Et cracher, déverser ma bile sur eux. Crier. A bout de nerfs. Et détruire, détruire encore. En rire. Jaune. Possédée.
Oui, possédée par Elle Non, c'est trop facile de tout lui remettre dessus. Parce que, oui je l'ai bien cherché. J'ai fait la funambule, j'ai joué à pile ou face. Et j'ai perdu, je me suis écroulée.
Puis, j'ai envie de mourir. Très. J'imagine la lame entaillant mes veines. J'imagine le sang gicler. Partout. Rougir. Partout. Le sol.
En philo, on parle de Socrate. Condamné à boire la ciguë. Moi, je veux mourir, je veux détruire, je veux être sûre de mon coup cette fois-ci. Ne pas me rater. Histoire de ne pas retomber à l'hôpital. De ne plus avoir à répondre à leurs questions.

Ah et puis, oui... ma carapace a commencé à se fendiller. Mais, c'est pas grave. J'assassine les larmes d'un revers de main. Et je fouille les placards à la recherche d'une dernière plaquette d'Atarax.

20.9.06 21:42


 

 

 

Je pleure plus maintenant. Je crois qu'à l'intérieur tout s'est asséché. Je crois que je ne ressens plus. Peut-être que c'est ça, oui. Rien. Dedans c'est le néant, le vide total. Sec et glacé. Plus d'émotions, plus de sensations. Je les laisse croire autout. Qu'ils croient ce qu'ils veulent. Retour à la maison. Reprise des habitudes. Et tout le monde redevient aveugle, sourd et muet. Je ne m'en plains pas. Je me fiche de moi à présent. Comme si tout m'était égal. Quand est-ce que j'ai développé cette faculté, ce je-m'en-foutisme ? Je n'étais pas comme ça avant. Je doute que ça dure. Je finirais peut-être par craquer. Tant pis.

J'écris des conneries.

Mon ventre est rond. Mes pommettes moins saillantes. J'ai grossi. C'est indéniable. J'ai envie de maigrir. Stupide, stupide, stupide. Tu glisses déja, tu dérapes. Mais cette fois-ci, je serais assez forte. Je le sens.
Mais je m'y perds, entre ces deux voix contradictoires qui se mêlent en une mélopée, une rengaine toujours la même. Ce n'est pas grave. Il faut se plonger à corps perdu dans le travail. Pour oublier. Ce que je suis. Pour combler toutes les failles. Pour (m')échapper. Y consacrer des heures. Et mentir encore.

Puis m'éloigner aussi. Prendre des distances. Sourire. Exceller dans l'art de faire semblant. Se protéger. Des réactions. Des autres.

J'ai compris. Cet été. De quoi. Les gens. Sont. Capables. Quand. Ils. Ne. Comprennent. Pas.

Je ne pleure plus. Depuis.

9.9.06 23:17


A vrai dire je ne sais même pas comment commencer cette note. Trop de choses à écrire. Entre ces vacances à la fois interminables et si vite passées. Paradoxe. Et puis la rentrée demain. Et puis aussi le rendez-vous chez la psy le matin. Le premier depuis début juillet. Et puis... Et... Eux. Tout. Tant pis, ce sera désordonné, brouillon, inintéressant aussi. Sans doute (Peut-être devriez-vous arrêter la lecture ici d'ailleurs...)

Donc, la rentrée. Et le lot d'angoisse qui l'accompagne. Parce qu'il y a les autres. Et que les revoir... Je ne peux pas. Juste envie de me faire toute petite, de me recroqueviller. Tant pis.  Parce que je ne veux plus jouer la comédie. Sourire. Ne rien laisser transparaître. 
Et puis, j'ai cette sensation de déja-vu, tout recommence comme avant. Je me sens rechuter tout doucement. Les crises reviennent plus violentes, plus fréquentes.

Et demain la psy me reparlera d'hospitalisation. Je ne sais même pas que lui dire. Je ne sais même plus quoi écrire. Je finis par détruire tout ce que je touche. Au fond même eux seraient plus heureux sans moi, même elle, même lui. Tous.

Je ne sais plus où j'en suis.

4.9.06 21:51


Passage éclair sur mon blog... Problème avec la connexion internet. Repars demain. Visite obligée à la famille comme chaque été. Puis Bretagne avec les parents. Pas envie. Pas d'envies tout court même.

Retour dépaysant des Etats-Unis. Tout me manque. Malgré le peu d'affinité avec le reste du groupe... Nous étions pourtant tous en larmes à l'aéroport. Restent les souvenirs. L'arrivée à San Francisco, les rues illuminées que nous montions à bord d'un de ces tramways rouges qui font le bonheur des touristes, la traversée à pied du Golden Gate, les centaines d'heures passées dans le van, à dormir, à parler, à écouter les CD de Justin, notre chauffeur américain, à observer le paysage changeant. Tantôt le désert, la forêt, les montagnes... Le rafting sur la Snake River et ce guide qui prenait un malin plaisir à nous éclabousser, le petit-déjeuner sur le toit du van au matin de mon anniversaire et les bisons dans la plaine en face de nous. Le barbecue dans une crique au bord du Lac Supérieur. Les heures à marcher, à se perdre, à errer dans Montréal, Québec ou New-York... Les tableaux, les sculptures, les photos du MoMA. Et tant, tant encore.
Les geysers, les sources d'eau chaude aux couleurs incroyables dans le parc du Yellowstone, les randonnées sous un soleil de plomb et les coup de soleil. Le Grand Canyon et les photos de groupes. Toujours. Les cappuccinos French Vanilla et les chewing-gums à la canelle. Les campings et les grenouilles dans la douche. Les tentes et les moustiques canadiens (les plus féroces)... La limousine dans Time Square et l'Empire State Building. Les panneaux publicitaires immenses, lumineux, recouvrant les grattes-ciel. Les Starbucks à chaque coin de rue et Central Park avec ses écureuils gris à un mètre de vous.
On oubliera le reste, les disputes et la mauvaise ambiance et les crises et les larmes et les mots qui fusent de tout côtés, les mots qui atteignent leur cible et la laissent un peu sonnée. On oubliera. Parce que le reste était beau. Simplement.

Et puis, on oubliera aussi la (re)chute trop violente au retour.

9.8.06 20:36


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